Pousser un cri, le plus bref, le plus soudain et le plus « irrationnel » possible (pas hurlé, pour ne pas fatiguer la voix, ni gêner un climat de concentration général). Cette brève émission est accompagnée d’un changement de posture tout aussi soudain, et corrélé au cri : saut, mouvement des bras, des mains, du torse, de la tête, des jambes, mouvements combinés…
Aussitôt après, silence, en restant absolument immobile (même les yeux !) dans la position où l’on se trouve juste à la fin du cri, figé et regard fixe, comme une image de cinéma arrêtée et saisie en plein dans le vif d’une action. Laisser un temps de silence et d’immobilité assez long (3’’ à 10’’ environ) et se détendre soudain pour un cri nouveau, accompagné d’une modification vive et imprévisible de la posture, et ainsi de suite.
Le mélange de toutes les interventions donne naissance à une sorte de tableau, mêlant actions solistes et éphémères à postures figées, qui peut être plastiquement très singulier par le contraste entre ces attitudes extrêmes, dans lesquelles cri et silence (ou action et immobilité) se valorisent et s’équilibrent mutuellement, dans une rigueur très perceptible.
Hautement défoulatoire et jouissif, ce jeu crée des paysage sonores et gestuels toujours fluctuants et inédits. Parfois il nous fait penser aux éclats du pop-corn, toujours imprévisibles. L’écoute du groupe est privilégiée, chaque joueur cherchant à proposer des sons dans les silences du groupe, inspiré par ce qu’il entend ou au contraire très différents. Les silences entre les interventions peuvent être plus ou moins longs, mais toujours tendus : des silences-parlants